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Origine de l’EA et développement (1)

Le traité scandaleux de Francfort...

Article du 4 mars 2011, publié par PO (modifié le 22 juin 2011 et consulté 476 fois).

Théodore Beck : Mes souvenirs, 1890 - 1922

ORIGINE DE L’ÉCOLE ALSACIENNE ET DÉVELOPPEMENT (1)

Le traité scandaleux de Francfort venait à peine d’être signé (en mai 1871), quand tout bon Français désireux de servir la patrie se demanda comment il pourrait contribuer à la restauration, au relèvement de la France cruellement éprouvée. Bien des personnes pensaient avec raison qu’il fallait commencer par la jeunesse des écoles. Aussitôt il se forma un comité composé d’hommes compétents, qui furent chargés de résoudre le problème, après l’avoir minutieusement étudié et discuté. On proposa finalement de créer une école complète à Passy. Un architecte, un financier et un industriel, invités à donner leur avis, estimèrent qu’ils ne faudrait pas moins de deux millions pour exécuter le projet. Comme nous ne possédions que 600.000 fr., force nous fut d’abandonner cette idée.

Immédiatement après, des hommes d’action et de courageuse initiative, patriotes passionnés, à la tête desquels se trouvaient M. Charles FRIEDEL, M. Ph. de CLERMONT et quelques amis, déclarèrent qu’il fallait commencer petitement. Une pareille tentative avait été faite à Bischwiller (Bas-Rhin) par M. Philippe KUHFF, qui était doué d’une merveilleuse souplesse d’esprit et d’une rare énergie. Cette école dut être fermée par suite du manque de ressources pécuniaires. A Paris, M. GODART a confirmé ses qualités pédagogiques et réformatrices en fondant l’Ecole Monge, qui ne put durer pour des raisons particulières. Il n’en fut heureusement pas de même de l’oeuvre de M. FRIEDEL, qui, sans tarder, loua une boutique dans la rue des Ecoles. Il y eut dans cette maison un minuscule appartement pour le Directeur et une seule petite salle pour les élèves qui, en octobre 1873, étaient au nombre de cinq. Telle fut l’Institution Alsacienne, où le nombre des élèves grandit si rapidement qu’un dédoublement devint nécessaire. Les tout petits restèrent à la rue des Ecoles et les autres furent installés à l’avenue Vavin, où M. Michel BRÉAL, savant psychologue, vint les voir assez souvent et fut toujours enchanté de ce qu’il avait vu et entendu. C’est là, à l’avenue Vavin, que fut légalement enregistrée devant notaire (le 17 décembre 1874) la société de l’Ecole Alsacienne.

C’est là aussi que fut réuni pour la première fois, le premier conseil d’administration composé de :

MM. Charles FRiEDEL, professeur à la Sorbonne,

Ph. de CLERMONT, professeur à l’Ecole des Hautes Etudes,

A. PARRAN, ingénieur principal des Mines,

G. MONOD, directeur adjoint de l’Ecole Normale Supérieure,

L. GRÜNER, inspecteur général des Mines,

J. JACKSON, propriétaire,

TEMPLIER, libraire-éditeur,

A. GAUTHIER, professeur à la Faculté de Médecine ;

Suppléants :

MM. POULAIN D’ANDECY,. administrateur du Crédit Foncier,

BREITMAYER, industriel.

M. RIEDER, directeur, et M. MARTY, nommé sous-directeur, étaient entourés d’une pléiade de jeunes professeurs de grand mérite. Je ne citerai que MM. BOUGIER, HUMBERT, ADAM, KREBS, CRÉHANGE, MEHOUAS, LAURENT et particulièrement Gabriel MONOD, qui fit lui-même des leçons d’histoire en 7e et 8e et qui prit une part active à l’histoire de notre maison. M. PARRAN fut nommé à la président du conseil et il y resta jusqu’à la fin de ses jours. M. BREUNIG, doué de qualités exceptionnelles, fut nommé sous-directeur (1874). M. RIEDER remplit sa tâche difficile de directeur, depuis son entrée à l’Ecole (1874) jusqu’en 1891.

Fils de Strasbourg, il unissait les qualités alsaciennes à l’esprit français et son sourire était l’expression d’une belle âme ; son nom occupera une place d’honneur dans l’histoire de l’Ecole. Il avait donné sa démission, pour cause de fatigue, en février 1891. Il mourut cinq ans après (le 7 octobre 1896), laissant un souvenir toujours vivant au creur de ceux qui l’ont connu.

La section des élèves qui occupait, à l’avenue Vavin, un local confortable et agréable, avait été choisie en tenant compte de leur âge, de leur aptitude, de leur travail, de leur tenue, de leur valeur intellectuelle et surtout morale.

Ils firent de rapides progrès et furent heureux, le jour où ils reçurent la visite de M. Jules FERRY, Ministre de l’Instruction publique, de MM. WALDECK-ROUSSEAU et Ferdinand BUISSON, directeur de l’enseignement primaire, et d’autres personnalités marquantes du monde politique. M. Jules FERRY dit en partant :

« Vous vivrez, car vous avez en vous des conditions de vie et d’épanouissement. L’Université vous suivra et vous serez comme une avant-garde. »

Lire la suite : Origine de l’EA et développement (2)

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