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Les Dessins de la Grande guerre

La Première Guerre mondiale représentée par des élèves de l’École alsacienne

Article du 17 février 2010, publié par PO (modifié le 17 novembre 2013 et consulté 14492 fois).

En juin 1916, M. Testard, professeur de dessin à l’École alsacienne, demande à ses élèves d’illustrer la guerre. Une trentaine de ces dessins ont été exposés, pour la première fois, lors des Journées du Patrimoine en 2006.

Cette série, témoignage unique sur la perception de la guerre chez les jeunes élèves - et, partant, sur les représentations de l’époque - laisse apparaître trois axes principaux : 1. scènes de guerre proprement dit ; 2. dessins patriotiques ; 3. dessins satiriques.

Les légendes ont été rédigées par Pierre de Panafieu.

Scènes de guerre

Jean Bruller (Vercors) relate ici précisément l’état d’esprit dans lequel ces dessins ont été produits dans la préface au tome II de l’Histoire de l’École alsacienne de Georges Hacquard :
« Tout cela se passait du temps de la Première Guerre mondiale, entre ma douzième et ma treizième année. Il régnait bien entendu alors, à l’École alsacienne, un vif patriotisme en accord avec son nom. Dans nos dessins d’enfants, sous la houlette de l’excellent et charmant Maurice Testard, nous rivalisions de brocards sanglants contre le kai¬ser et ses soldats à casques à pointe. Mais c’était entièrement de notre cru ; car je n’ai pas souvenir que nos professeurs, s’il exaltaient en nous l’amour de la patrie, nous aient jamais enseigné la haine ni la vengeance, je ne les ai jamais entendus se laisser entraîner, contre l’ennemi, aux excès de langage ni aux basses injures. »

Combat naval

« COMBAT NAVAL »

Un obus vient de toucher un cuirassé allemand. La violence de l’impact projette les marins en l’air. Le sens du mouvement est particulièrement saisissant. Il peut s’agir d’une scène tirée de la bataille du Jutland qui opposa la flotte britannique à la flotte allemande. On peut reconnaître le cuirassé Pommern, coulé dans la nuit du 6 au 7 mai 1916. Si cette hypothèse est vraie, ce dessin témoignerait d’une grande attention à une actualité très récente.

Auteur : Olivier Duchemin, élève de 1912 à 1919.


Le Canon de 75

« LE CANON DE 75 »

Ce dessin montre un canon de 75 avec ses servants et son caisson qui porte les munitions. Le sens de détail permet l’identification de l’arme sans hésitation. On peut penser que les élèves s’inspiraient des dessins de presse, de l’Illustration principalement, ou des images Larousse.

Auteur : Christian Saurwein, élève de 1909 à 1917. Il sera le traducteur de Après de E. M. Remarque en 1931.


La Batterie de campagne

« LA BATTERIE DE CAMPAGNE »

Ici encore, la précision du dessin permet de reconnaître un Langer Mörser, canon de 21 cm très utilisé en début de la guerre. On remarquera l’homme tronc : allusion au manque d’effectifs supposé de l’armée allemande qui doit enrôler des soldats mutilés ?

Auteur : ?


Supériorité technique

« LA SUPÉRIORITÉ TECHNIQUE DE L’ARMÉE FRANCAISE »

Une auto-mitrailleuse défait un groupe de soldats allemands.

Auteur : ?

Supériorité technique

Incendie de l'hôtel de ville d'Arras I

« L’INCENDIE DE L’HÔTEL DE VILLE D’ARRAS (I) »

Le bombardement de la ville d’Arras lors de l’offensive allemande vers Paris. En cinquante minutes, l’édifice est détruit. Il est probable que ces dessins ont été faits à partir des cartes postales ou des photographies de presse.

Auteur : André Corriez, élève de 1912 à 1918.


Incendie de l'hôtel de ville d'Arras II

« L’INCENDIE DE L’HÔTEL DE VILLE D’ARRAS (II) »

Auteur : Jean Yves Riedberger, élève de 1912 à 1920.


Incendie de la cathédrale

« L’INCENDIE DE LA CATHÉDRALE DE REIMS »

La destruction de la cathédrale du sacre des rois de France, le 19 septembre 1914, devient immédiatement le symbole des destructions allemandes. Anatole France écrit : “Le nom allemand est devenu exécrable à tout l’univers pensant.”

Auteur : Christian Saurwein.


Une batterie de mitrailleuse

« UNE BATTERIE DE MITRAILLEUSE EN CAMPAGNE »

Une mitrailleuse Puteaux-Hotchkiss modèle 1914 servie par des fantassins portant l’uniforme bleu, pantalon rouge garance. La scène se déroule donc dans les premières phases de conflit : cet uniforme est remplacé par l’uniforme “bleu horizon” à la fin de 1915.

Auteur : Claude Zuber, élève de 1914 à 1922.


Bombardement de Paris

« LE BOMBARDEMENT DE PARIS »

Sous les projecteurs de la DCA, un zeppelin allemand bombarde Paris. Allusion au bombardement du 29 janvier 1916 durant lequel dix-sept bombes furent larguées sur le Nord de Paris causant la mort de 26 personnes. Ce fut la dernière attaque de ce type, l’aviation avait remplacé les zeppelin.

Auteur : David Patée, élève de 1915 à 1921.

NB : À l’occasion de l’exposition, un livret a été publié sur le bombardement de Paris par les dirigeables allemands.


Torpillage d'un navire

« LE TORPILLAGE D’UN NAVIRE CIVIL »

Au large d’une côte, un navire civil est touché par une torpille. Avant la “guerre sous-marine à outrance” (1917), les Allemands attaquent les navires civils, comme en témoigne le torpillage de Lusitania le 7 mai 1915. Les survivants trouvent refuge dans une chaloupe.

Auteur : Marcel Lauth, élève de 1913 à 1922.


Torpillage d'un bateau hôpital

« LE TORPILLAGE D’UN BATEAU HÔPITAL »

À l’arrière plan, un bateau de la Croix Rouge coule. Au premier plan, un sous-marin allemand menace une chaloupe. Ce dessin fait sans doute allusion au torpillage de l’Asturias dans La Manche en janvier 1915. C’est le même sous-marin qui a coulé le Lusitania quelques mois plus tard.

Texte : Bateau hôpital anglais coulé par un sous-marin allemand.

Auteur : Claude Zuber, élève de 1914 à 1922.


Offensive du 3e régiment

« OFFENSIVE DU 3e RÉGIMENT DES ZOUAVES »

Seul dessin de combat où les soldats français sont en supériorité numérique. L’ardeur au combat des zouaves est rendue sensible à la fois par la composition et par chaque corps à corps. Le 3e zouave s’est illustré notamment en septembre 1915 lors de l’offensive de Champagne. Les troupes coloniales sont perçues comme un atout considérable dans cette guerre d’usure, alors que l’Allemagne ne peut compter que sur ses nationaux du fait de la modestie de son empire colonial et du blocus maritime exercé par les alliés.

Auteur : Olivier Duchemin.

Dessins patriotiques : symboles et allégories

Alsace apparaît au soldat

« L’ALSACE APPARAÎT AU SOLDAT BLESSÉ »

L’allégorie de l’Alsace apparaît à un soldat blessé. L’officier reprend le drapeau de ses mains.

Auteur : Charles Willms, élève de 1912 à 1919, professeur de philosphie de 1935 à 1945.


Les dernières cartouches

« LES DERNIÈRES CARTOUCHES »

Le titre fait référence au tableau de Alphonse de Neuville présenté au Salon de 1873 qui peint les ultimes combats avant la défaite de 1870. Ici les rôles sont inversés : trois soldats allemands sont faits prisonniers par un seul soldat français. On notera l’influence exercée par l’oeuvre du dessinateur Forton, le père des Pieds Nickelés.

Auteur : Jean Raudnitz, élève de 1908 à 1919.


Janus à double figure

« JANUS À DOUBLE FIGURE »

Texte  : Janus avait double figure... Le Kolback : Si vous ne nous obéissez pas, nous vous canonerons /sic/. La Casquette : Nous vous donnerons Trieste et le Trentin. (D’après Edmond Rostand)

Un Janus en grand uniforme (Franz Conrad von Hötzendorf, le chef d’état -major de l’armée d’Autriche-Hongrie et Erich von Falkenhayn, chef d’état-major de l’armée allemande ?) offre un bouquet à une Italienne (Hélène de Monténégro, épouse du roi d’Italie Victor Emmanuel III ?) en lui tenant un discours à la fois menaçant et séduisant. Il est fait allusion aux hésitations de l’Italie, alliée à la Triplice, qui n’honore pas ses engagements en 1914. L’Italie entre en guerre aux côtés des Alliés le 23 mai 1915.

Auteur : ?


La Paix rêvée

« LA PAIX RÊVÉE »

Un village alsacien au couchant. La population salue un aéroplane, symbole de progrès et non plus de destruction.

Auteur : Jacques Vis, élève de 1912 à 1917.

Dessins patriotiques : la barbarie allemande

Barbarie allemande

« LA MAIN COUPÉE »

Le thème des atrocités allemandes revient régulièrement. La charge dramatique de celui-ci est renforcée par le contraste de la petite fille à la main coupée, qui pleure sa mère égorgée, et le couple de soldats endormis. Le mythe des mains coupées remonte à la guerre de 1870. (Nous retrouvons cette composante dans les trois dessins qui suivent.)

Auteur : Charles Willms.


Atrocités allemandes

« LES ATROCITÉS ALLEMANDES »

Ce dessin de pillage et de massacre reprend tous les thèmes de l’atrocité des Allemands. Nul n’échappe au massacre, femmes, enfants, vieillards. L’auteur est Jean Bruller, dit Vercors, l’auteur du Silence de la mer, publié clandestinement durant l’occupation. Jean Bruller a été élève de 1910 à 1921.

Texte : Les atrocités allemandes


« LA GUERRE À DOMICILE »

Texte : "Ah ! Mon Dieu ! Quel vacarme !! Tais-toi donc, mon enfant, tu vas attirer les Zeppelins !!..."
Cet autre dessin de Jean Bruller, réalisé en 1915, présente l’intérêt d’évoquer la présence la guerre dans le cadre familier du domicile familial.


Ville en flammes

« LA VILLE EN FLAMMES »

Même thème traité avec une grande force narrative.

Auteur : ?


Femme assassinnée

« UNE FEMME ASSASSINÉE »

Il est impossible de rattacher ce dessin à un récit particulier. Il fait sans doute référence aux exécutions de civils dans le Nord de la France et en Belgique en 1914. Les Allemands, craignant la constitution de corps francs comme en 1870, exécutèrent 6 400 civils en Belgique et en France.
On peut cependant y voir une évocation de l’exécution de Edith Cavell, infirmière britannique exécutée par les Allemands le 12 octobre 1915 pour avoir fait évader des prisonniers de guerre.

Auteur : Alain Zuber, élève de 1910 à 1920.

Dessins satiriques

La Liberté éclairant le monde

« LA LIBERTÉ ÉCLAIRANT LE MONDE »

Ce dessin fait référence à la Statue de la liberté, oeuvre de Bartholdi, dont les élèves pouvaient voir une copie au jardin de Luxembourg. La liberté est remplacée par un soldat allemand marchant au pas de l’oie et tenant un flambeau qui n’éclaire pas. Au pied du socle à droite un personnage grotesque dans un youpala, à gauche un Allemand observe les reste de la statue, réduite en un amas de bronze, prêt à être fondu.

Texte : Personnage de gauche : Mein Gott !! C’est du bronze !!! Personnage de droite : Mit uns.

Auteur : ?


Perplexité du Kaiser

« LA PERPLEXITÉ DU KAISER »

Texte : Décidément c’est bien manqué l’empire du monde !!!

Guillaume II, dont l’ombre portée sur le mur évoque un vautour, contemple une carte de Nord de l’Italie. Il est fait ici allusion à la résistance italienne lors de l’offensive d’Asiago de mai 1916.

Auteur : Jacques Labat de Lambert, élève de 1912 à 1916.


Le Pillard allemand

« LE PILLARD ALLEMAND »

Texte : Ach mein Gott !! J’aurai la croix de fer, j’ai pris à moi seul toute une batterie.. en cuivre !

Dans le couloir d’une maison bourgeoise, un soldat allemand porte sur son dos le fruit de sa rapine. Derrière l’humour de la formule, les éclaboussures de sang sur son manteau et ses bottes et les deux mains coupées qui pendent de son sac évoquent l’horreur du pillage.

Auteur : Georges Bloch, élève de 1909 à 1916.


Caricature de soldat I

« CARICATURES DE SOLDATS (I) »

Auteur : Maurice Jost de Staël.


Caricature de soldat II

« CARICATURES DE SOLDATS( II) »

Auteur : Charles Wilms.


Caricature de soldat III

« CARICATURES DE SOLDATS (III) »

Auteur : ?

Le sens de l’observation allié à celui de la caricature caractérisent ces trois dessins. Gloutonnerie et relâchement pour le fantassin allemand. Moustaches en crocs, monocle, colback à la tête de mort, le hussard du 19e régiment des hussards saxons a tout d’un Prussien. Morgue aristocratique pour les officiers anglais.


« LE SORT DES PRISONNIERS ALLEMANDS »

Texte : Turco : Moi après la guerre amener vo dans mon pays car moi aimer beaucoup les boches... rôtis à la broche !

Allusion aux troupes coloniales dans ce dessin qui reprend le lieu commun raciste sur l’anthropophagie des Africains.


Journaux allemands

« LES JOURNAUX ALLEMANDS »

Texte : En Allemagne (les journaux) : Nos braves soldats reçoivent en ce moment une nourriture très substantielle qui a été prise à l’ennemi dans nos glorieux combats. Particulièrement aux environs d’Arras où ils reçoivent quotidiennement des pains, des marrons etc. et pour leur dessert une /illisible/.

L’auteur parodie dans ce dessin la propagande allemande. Deux soldats français terrassent sept soldats allemands. La situation est pourtant désespérée, les fantassins n’ont plus de munitions et se battent, l’un à la baïonnette, l’autre en utilisant son fusil comme massue.

Auteur : Jacques Labat de Lambert.


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Vous pouvez aussi consulter l'intégralité de l'album sur notre galerie Flickr.

Document(s) joint(s)
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24 septembre 2013
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