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Éducation

Les créateurs de l’Ecole Alsacienne n’ont pas hésité à mettre la jeunesse sous l’influence...

Article du 6 mai 2011, publié par PO (modifié le 13 janvier 2015 et consulté 309 fois).

Théodore Beck : Mes souvenirs, 1890 - 1922

ÉDUCATION

Les créateurs de l’Ecole Alsacienne n’ont pas hésité à mettre la jeunesse scolaire sous l’influence d’une forte et saine éducation. Ils s’étaient inspirés, en partie, des méthodes pratiquées dans la vieille et fidèle Alsace et surtout des besoins impérieux et urgents de la Patrie souffrante.

Dans leur pensée et leur conviction, l’Éducation bien comprise était au-dessus de l’enseignement. A ce sujet, un maître en pédagogie a dit, lors d’une fête qu’il a présidée : « L’instruction, si bien comprise qu’elle soit, n’est jamais qu’une partie de cette grande chose qui s’appelle l’Éducation, elle est même la chose essentielle. »

Il s’agit, en effet, de former des hommes de devoir, de cœur et d’action, d’éveiller, de développer, d’intensifier la vie de l’âme. C’est ainsi que l’École alsacienne comprend l’Éducation. L’introduire dans les programmes scolaires et dans les obligations du personnel enseignant, c’était presque une nouveauté, une réaction contre un passé déplorable, une révolution dans les idées et leur réalisation.

Tel fut le but de la création de l’Ecole Alsacienne qui, dans ses programmes, faisait la première place à l’Education donnée d’après des méthodes nouvelles. Quelles sont ces méthodes qui, en grande partie, ont fait la réputation de l’Ecole Alsacienne ? Elles se résument en deux mots : « Connaître et Aimer. »

Oui, pour éduquer un enfant, il importe de connaître, non pas superficiellement, mais autant que possible à fond, ses aptitudes et ses dispositions morales. Pour cela il faut considérer chaque élève individuellement, l’observer, le sonder, descendre dans son for intérieur.

Cette méthode a donné et donne encore à l’Ecole son originalité et son caractère ; aussi a-t-elle été très remarquée et parfois même suivie dans d’autres établissements secondaires, dans les classes à effectifs restreints. Elle a été approuvée par des maîtres en pédagogie : l’un d’eux a parlé d’or en disant : « L’enseignement secondaire doit tenir compte des aptitudes de chacun. » Soumettre tous les esprits à un régime uniforme, c’est faire violence à la nature. « Dans toute maison d’Education, chaque écolier doit être mis en observation, jusqu’à ce qu’il soit bien connu. Traiter chacun à part, selon ses besoins personnels, c’est le grand devoir de l’Education. »

Pour que notre méthode éducative soit efficace, il ne suffit pas de connaître individuellement ceux qui nous sont confiés pour en faire des hommes, il faut de plus, nous en avons la conviction, les aimer.

Nous croyons que la meilleure éducation, celle qui laisse les plus fortes impressions, qui produit les meilleurs effets et prépare le mieux à la vie, c’est celle qui se fait par le coeur, qui est le foyer dont les rayonnements donnent à la vie sa beauté, son énergie, sa puissance.

C’est bien ce qui était dans la pensée de Gabriel MONOD, l’un des premiers ouvriers de notre oeuvre, quand il a dit : « Notre Maison est fondée sur l’Amitié ».

« Mais, dit-on, il y a des natures récalcitrantes, comme engourdies, insensibles à l’affection, à la bienveillance, aux témoignages d’amitié ». Sans doute, mais il n’existe pas d’écorce assez dure pour qu’on ne puisse la briser. Quoi qu’il en soit, le maître ne doit jamais perdre patience, ne jamais désespérer et ne jamais oublier que l’on peut parfois obtenir par la force magique du coeur ce que l’on n’obtient point par la raison, la volonté et même la conscience.

Aimer et être aimé, c’est la formule qui, bien réalisée, donne au maître plus d’autorité et à l’élève plus de confiance. Nous pensons, à l’Ecole Alsacienne, que l’affectueuse amitié peut produire parfois un vrai sauvetage.

Si l’excès d’indulgence devenait un péril pour la classe, surtout au point de vue moral, des mesures radicales seraient prises sans faiblesse, d’accord avec la famille. D’aucuns prétendent que nous sommes trop bons, trop indulgents, trop paternels. Je puis affirmer pourtant que la juste sévérité ne nous a pas fait défaut, pourvu qu’elle fût de nature à produire un effet moral.

Il y a certainement une crise de l’éducation et du travail. Bien des pères, trop pris par les affaires devenues de plus en plus accaparantes, se déchargent sur l’Ecole du soin de donner à leurs enfants l’Education proprement dite.

Les mères sont souvent trop faibles, trop préoccupées de ce qui est en dehors du foyer, et trop à la merci de leur fils ou de leur fille. Les enfants sont trop abandonnés à eux-mêmes, n’ont pas le respect de l’autorité et se donnent un brevet d’indépendance ; ils méconnaissent les droits et les devoirs de la vie de famille.

Il y a, il faut le reconnaître, de nobles exceptions parmi la jeunesse qui nous est confiée ; nous affirmons même qu’il y a, sous ce rapport, un progrès assez marqué.

Pour conclure, je rappellerai cette parole nette et précise du Curé de Meudon : « La science sans conscience est la ruine de l’âme », et cet autre mot d’un philosophe : « Ayez bon coeur, le reste viendra par surcroît ».

La vraie, la bonne éducation, celle qui donne le sentiment de la dignité personnelle et le respect de tout ce qui est respectable, est celle qui est en honneur à l’Ecole Alsacienne, pour le plus grand bien de la Famille et du Pays.

L’Ecole Alsacienne sera toujours, espérons-le, à la hauteur de sa mission, de sa responsabilité et de sa réputation. Quels que soient les changements qui puissent survenir dans la forme, elle n’oubliera jamais les fondements posés par les fondateurs ; ces choses sacrées, les idées et les principes, demeureront.

Lire la suite : La Coéducation

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