En classe de 10e (CE1), l’enseignement du chinois ne se limite pas à l’apprentissage d’une langue : c’est une véritable immersion culturelle, humaine et sensorielle. Rencontre avec Shimin Sun, une professeure passionnée qui fait rimer pédagogie avec plaisir et ouverture sur le monde.
Un Nouvel An sous le signe du partage et de la fête
Cette année 2025-2026 a été particulièrement dense en projets et en émotions, notamment autour des célébrations du Nouvel An chinois en février dernier. Shimin Sun a orchestré plusieurs moments forts qui ont marqué le quotidien du Petit Collège.
Un accueil en chansons pour les familles
Le vendredi 20 février, dès 8h30, l’ambiance de la rue d’Assas avait une résonance toute particulière. Vêtus pour certains de magnifiques costumes traditionnels, les élèves des trois classes de 10e ont accueilli les parents et les autres enfants en musique. Un véritable chant choral en plein air où ils ont interprété avec brio trois classiques :
- « Bonjour » (Ni Hao) pour les salutations ;
- « J’aime ma famille » (Wo ai wo jia), un moment tendre qui a permis aux enfants de s’entraîner à dire « Papa, Maman, je t’aime » ;
- La célèbre chanson des « Deux Tigres » (Liang zhi lao hu).
Passerelles éducatives : L’accueil de la maternelle « Cuìlín »

Le même jour, l’École alsacienne a ouvert ses portes aux élèves âgés de 3 et 4 ans de l’école maternelle sinophone Cuìlín (翠林) , située dans le 7e arrondissement et fondée par Ariane Dejean (ancienne enseignante de l’École alsacienne).
Pour cet échange inter-écoles, les grands de 10e sont devenus des tuteurs d’un jour. Ensemble, ils ont chanté les comptines du Nouvel An ; découvert et présenté de manière ludique les 12 signes du zodiaque chinois ; et animé un atelier créatif où chaque petit visiteur a pu fabriquer son propre dragon en papier avant de repartir avec.
Au-delà des cours : L’art de la calligraphie sur la pause méridienne
En marge des cours, Shimin Sun anime également des activités annexes les mardis et vendredis midis. À l’occasion du Nouvel An, les élèves se sont initiés à la calligraphie traditionnelle.
« Nous avons travaillé sur le caractère 福 (Fú), qui signifie le bonheur et la chance », explique Shimin Sun. « En Chine, la tradition veut qu’on le colle sur les portes, souvent à l’envers, pour signifier que le bonheur est “arrivé”. »
Les élèves ont découvert les différents styles d’écriture et ont appris le maniement exigeant du pinceau chinois — une discipline difficile qui demande de la patience et de la rigueur, mais dont les résultats, très appliqués, font la fierté de la professeure. Les œuvres ont ensuite été rapportées à la maison pour décorer les intérieurs des familles.
Les quatre piliers d’un enseignement sur-mesure
Quand on interroge Shimin Sun sur le programme annuel de 10e, elle décrit une approche très diversifiée, articulée autour de quatre grands axes :
L’Écriture : Une introduction aux caractères simples à travers les pictogrammes. Les enfants découvrent que l’écriture est un dessin qui raconte une histoire.
La Géographie : Situer la France et la Chine sur une carte, comprendre la distance et conceptualiser le voyage (par exemple, calculer le temps de vol entre Paris et Pékin).
Les Traditions, Histoires et Légendes : Découvrir la culture par le récit. Lors de la Fête de la mi-automne, les élèves ont ainsi pu écouter les légendes magiques liées à la Lune tout en goûtant aux traditionnels gâteaux de lune.
L’Oral et la Vie Quotidienne : Pratiquer des phrases simples et utiles, comme les salutations ou les structures de la famille (grand frère, petite sœur, etc.).
L’esprit des tampons : mémoriser en s’amusant
Pas de notation au primaire pour stimuler les élèves sans les décourager. Shimin Sun utilise un système de récompense très populaire : un coup de tampon rouge « 你真棒 » (Nǐ zhēn bàng) sur les cahiers. En français, ces trois caractères signifient « Tu es super ! » ou « Beau travail ! ».
Pour le Nouvel An, les élèves devaient mémoriser l’ordre des animaux du zodiaque sans regarder leur feuille. Un élève capable de réciter ou de traduire instantanément un animal (comme le dragon ou le lapin) décrochait le précieux tampon “Nǐ zhēn bàng” sur son cahier.
Propos recueillis par Marc Pilven


Crédit photo Shimin Sun







