École alsacienne

Hommage à Josiane Briane

Pierre de Panafieu, directeur de l’École alsacienne

Josiane Briane qui nous a quittés le 29 octobre dernier a été directrice du Petit Collège de 1992 à 2009. René Fuchs l’avait engagée pour prendre la succession de Marie Malcome. J’ai travaillé huit belles années avec elle, en parfaite intelligence. 

L’École alsacienne ne lui était pas inconnue quand elle prit ses fonctions. Pendant seize ans, elle avait dirigé l’IFTP, institut de formation des professeurs des écoles. A ce titre, elle entretenait des relations avec les écoles privées sous contrat laïques telles que La Source ou l’Ecole Aujourd’hui et bien entendu l’Ecole alsacienne. 

Elle avait confié aux Cahiers de l’Ecole alsacienne deux interviews, l’une à son arrivée, l’autre après son départ à la retraite.

Pour que nous entendions une dernière fois sa voix, j’en tire deux extraits :

Je suis heureuse de penser que telle sera ma tâche. Je désire rester tout autant disponible pour entendre ce que les enfants expriment de leur vision du monde, du sens qu’ils donnent à la vie, à l’avenir et à notre commun présent. 

Voir les élèves se construire, grandir et avoir tous ces échanges sont les deux choses principales que je garderai de mon passage à l’École. Puis évidemment, voir aussi une équipe qu’on a connue très jeune, voir des individualités se construire, évoluer, les voir développer leur profession, leur personnalité, fut aussi une autre grande source d’enrichissement. 

Josiane Briane, Les Cahiers de l’École alsacienne

Elle aura été une grande directrice, attentive à chaque élève, à chaque situation, parfois difficile, à chaque collègue. 

Elle nous a quitté dans la discrétion et la dignité. 

Elle nous manque.

Pierre de Panafieu

Bruno Bourdeau, CPE du primaire de l’École alsacienne

Ce n’est pas sans émotion, que je souhaite rendre hommage à Mme Briane qui vient de disparaître brutalement. 

Je la connaissais depuis plus de vingt ans. C’était une femme remarquable qui m’a probablement aidé à devenir ce que je suis à l’École aujourd’hui. 

Comme beaucoup au Petit collège, elle a été notre professeur de sciences de l’éducation à l’IFPP, institut de formation des maîtres et tuteur au cours de nos stages d’observation et de prise en charge des classes qui nous  accueillaient en tant qu’élève stagiaire.

Dotée d’une grande connaissance de la pédagogie, elle a su nous former, nous soutenir, nous accompagner, nous donner le goût de ce beau métier. J’ai ensuite travaillé auprès d’elle, en tant que CPE pendant six ans. Nous avions une grande complicité professionnelle.

Madame Briane a toujours oeuvré pour défendre avec conviction les projets du Petit Collège et a toujours accueilli avec enthousiasme les nouvelles expériences menées dans les classes. Nous aimions échanger sur des questions pédagogiques, éducatives et sur des sujets plus généraux. Que de fous-rires aussi…

Elle nous faisait toujours part de son expertise avec une grande hauteur de vue, une belle sensibilité. Femme très cultivée et très humaine, elle aimait son équipe, la défendait. Elle portait avec brio les valeurs du petit Collège et était très investie des tâches qui lui incombaient et cela, dès le début de sa carrière à l’école. 

Elle avait dit dans un article datant de 1992 (cité par Pierre de Panafieu) en parlant de sa nouvelle fonction et de sa perception de l’école :

C’est une philosophie de l’éducation mais aussi une idée du bonheur qui s’incarne, qui se transmet à travers des choix pédagogiques convaincus et lucides. Partout se manifeste la volonté de soutenir la croissance et la réussite des enfants. Cela exige que notre vigilance, notre créativité ne faiblissent pas, que notre attention s’attache à tous les aspects de leur parcours d’élève…

Josiane Briane, Les Cahiers de l’École alsacienne

Mme Briane était aussi une épicurienne, aimant la nature, les plantes dont elle aimait s’occuper. Elle regardait toujours les enfants avec bienveillance et tendresse quand elle traversait les cours de l’école, les regardait jouer, interagir…

Je désire rester tout autant disponible pour entendre ce que les enfants expriment de leur vision du monde, du sens qu’ils donnent à la vie, à l’avenir et notre commun présent…

Josiane Briane, Les Cahiers de l’École alsacienne

Ce fut un noble dessein porté dix-sept années.

Un bel exemple à suivre pour notre institution. 

Bruno Bourdeau